étude de sol avant de construire

Pourquoi faire une étude de sol avant de construire ?

Durant ce processus qui est le baillement, de nombreux propriétaires ou professionnels peuvent être tentés d’envisager l’étude de sol avant de construire (ou étude géotechnique) comme un frais superflu, voire une simple formalité administrative ; ce serait une erreur fondamentale.

L’étude de sol avant de construire est en fait le premier et le plus stratégique des investissements à réaliser pour assurer la pérennité, la solidité, et paradoxalement la maîtrise des coûts de votre futur ouvrage. Voici les raisons de son caractère incontournable avant de poser la première pierre.

1. Sécuriser et stabiliser l’ouvrage


C’est le premier motif et le plus sérieux. Les sinistres portant sur les fondations sont en très grande partie les désordres en construction.

Identifier la capacité portante du sol :

Le sol est le support de votre construction. L’étude de sol avant construction est un diagnostic des fondations, qui mesure à la fois la résistance et la déformabilité à la demande. Sans ces données, vous risquez de surdimensionner vos fondations (coût inutile) ou, pire, de les sous-dimensionner.


Éviter les tassements différentiels :

si une partie du sol est plus bien plus argileuse que l’autre, la maison va s’enfoncer de manière inégale dans le terrain. C’est ce qu’est le tassement différentiel, propice à l’apparition de fissures structurelles importantes au bâtiment.


Prévenir les risques naturels :

l’étude permet de repérer les zones de faiblesse (cavités souterraines, anciennes carrières, présence d’eau, nappes phréatiques, etc.) et d’adapter les fondations.

2. Gérer les coûts et éviter les surprises

Paradoxalement, ne pas procéder à une étude de sol avant la construction sera certainement le meilleur moyen de voir son budget de construction exploser.

L’optimisation du coût des fondations :

L’étude G2 (étude de conception) fournira à l’ingénieur les données précises nécessaires pour dimensionner comme il convient les fondations (type, profondeur, ferraillage). Sans cette étude, les entreprises de construction s’appuieront sur des hypothèses de prudence conduisant dans de nombreux cas à un surdimensionnement des fondations et donc à un surcoût.

Anticiper les aléas de chantier :

Découvrir un sol de mauvaise qualité (roche, argile gonflante ou tourbe) en plein milieu du chantier donne lieu à des travaux correctifs d’urgence (reprises en sous-œuvre, pieux imprévus) qui sont très coûteux et occasionnent d’importants retards. L’étude de sol préalable à la construction permet d’anticiper au chiffrage initial ces éventuels surcoûts.

3. L’accomplissement des obligations réglementaires (Loi ÉLAN)

Dans de nombreux cas, l’étude de sol avant la construction n’est plus seulement une option légale, mais elle est devenue une obligation, c’est le cas de nombreux sites en France.

Le Risque de Retrait-Gonflement des Argiles (RGA) :


L’Étude Géotechnique Préalable (G1) est désormais obligatoire dans le cas de la vente d’un terrain constructible dans une zone classée à risque d’argile moyenne à forte suite à la loi ÉLAN. Ce phénomène de retrait-gonflement de la terre est lié aux sécheresses et au taux d’humidité des argiles et est la première cause de sinistres des maisons individuelles.

L’Étude Géotechnique de Conception (G2) :


L’article L112-21 du Code de la construction et de l’habitation stipule que la G2 est obligatoire pour les maisons individuelles implantées dans les zones classées à risque RGA afin d’assurer la bonne adaptation des fondations au risque RGA identifié.

L’assurance Dommages-Ouvrage :


Les assureurs commencent à demander systématiquement la délivrance d’une étude de sol avant de construire (G2) pour pouvoir délivrer la police d’assurance Dommages-Ouvrage et la garantie décennale. En l’absence de l’étude de sol, vous vous exposez à un refus de garantie ou d’indemnisation pour sinistre lié aux fondations.